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Le blog du cinéma sans langue de bois...
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Un voyage initiatique qui sonne juste
Ne ratez pas l'occasion de voir l'un des meilleurs Kusturica sur grand écran ! Le Temps des gitans (1988) est rediffusé actuellement au Champo (dans le 5e arrondissement de Paris). Un vaste fourre-tout baroque, inclassable et clairement immoral, comme souvent chez le réalisateur d'Underground. C'est l'histoire d'un orphelin slovène et tzigane, Perhan (Davor Dujmovic, trop stylé), élevé par une grand-mère guérisseuse, Baba. Il voudrait épouser la belle Azra, mais sa harpie de mère le rejette comme un mauvais parti. Grâce au nabab du coin, il aura l'opportunité de devenir quelqu'un, et, par la même occasion, de sauver sa soeur infirme. Mais son innocence résistera-t-elle à l'usure du grand banditisme ?
Azra et Perhan, la fin de l'innocence
Poétique (l'incroyable scène des radeaux sur le fleuve !), mélancolique (la prostitution et la misère qu'elle entraîne), hors-catégorie et déroutant (des éléments fantastiques savamment distillés) : les adjectifs sont nombreux pour définir Le Temps des gitans. Cela étant dû à la capacité - rare - de Kusturica de faire des films incroyablement riches mais - encore plus rare - très cohérents. Ici, la drôlerie et le drame s'embrassent sans couac. Et, sur le fond, des thèmes comme la pauvreté, le racisme et la prostitution sont abordés avec simplicité et sans aucune lourdeur. Comme tout film réussi, on reconnaît la signature de l'auteur, mais on ne voit pas le trait. Le réalisateur s'efface et l'émotion passe. Indiscutablement le meilleur film jamais fait sur les gitans. Quand bien même on n'en aurait vu aucun autre.
5/6
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