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Le blog du cinéma sans langue de bois...

Mardi 24 avril 2007

C'est de bonne guerre

Il y a des films qu'on mate juste pour le plaisir des sens, en se foutant royalement du texte/contexte/sous-texte. En territoire ennemi fait partie de cette catégorie. Un film de guerre où la réfléxion point rarement, où les clichés surgissent régulièrement, certes, mais où les scènes stylées abondent massivement.

The plot : Burnett et Stackhouse, deux pilotes de la Navy, sont envoyés dans une zone démilitarisée de l'ex-Yougoslavie. Simple mission de routine, en fait, qui consiste à photographier le sol. Par hasard, les officiers survolent un charnier humain. Des militaires serbes, craignant que l'existence des charniers soit révélée, abattent leur avion en plein vol. Au sol, les représailles continuent. Et c'est une longue et périlleuse chasse à l'homme qui commence pour Chris Burnett (Owen Wilson) dans la cambrousse yougoslave... Premier constat : à l'évidence, l'intrigue ne tient pas debout. Qui oserait en effet attaquer un Superhornet ricain au risque de déclencher une crise internationale majeure ? Et qui oserait violer la souveraineté d'une nation étrangère juste pour récupérer un pauv' soldat égaré ? (Quoique...)

Mais tout ça, au fond, on s'en fout. La seule question philosophique qui mérite d'être posée, c'est : "Est-ce qu'on va voir de la bonne baston ?" Et la réponse est "oui, plutôt". Oubliez Top Gun (ha, ha !) et toutes les scènes d'avions de chasse pourries précédemment filmées pour le cinéma. D'habitude, c'est ridicule, objectivement soporifique et réservé aux seuls fans d'aviation. Ici, pourtant, l'attaque du Superhornet décoiffe littéralement. Nerveuse, ingénieusement rythmée, elle donne le ton du film, blindé à la testostérone.

Owen Wilson en mode bien vénère

Dans le rôle de la proie, le choix d'Owen Wilson - le pote de Ben Stiller ! - pouvait surprendre, mais il ajoute incontestablement une plus-value au film du clippeur John Moore (qu'on ne soupçonnera jamais d'être le fils caché de Kubrick et Spielberg). Son personnage dégage paradoxalement une évidente impuissance (il n'a jamais vécu de combats réels) et une force latente (matérialisée par une farcouche volonté de survie) qui provoquent presque naturellement l'empathie.

Par moments, la réfléxion point en filigrane au détour de situations tendues, comme lors de la scène des charniers. Parfois, en revanche, c'est carrément idiot : le seul "bon" Serbe est bien sûr élevé à la culture US, parle bien anglais, drinks Coca Cola, et connaît par coeur Ice Cube (!). Par conséquent, il est forcément du bon côté, courageux et intelligent...

Heureusement, les scènes de fight reprennent vite le dessus. Au programme, il y a la séquence des mines sauteuses, vraiment assurée sur tous les plans ; celle du tir d'obus de char, filmée de façon inédite ; une confrontation sèche et sans concession face à un bad guy bien teigneux. Au final, on fait face à un film de sous-genre qui ne plane pas bien haut, mais on prend quand même son pied. Parce que Behind enemy lines ose, avec beaucoup de sincérité, être un pur film d'action au premier degré.

2/6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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