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Le blog du cinéma sans langue de bois...
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D'une pierre zéro coup
(Attention spoilers - enfin, si l'on peut dire...)
Trahison ! On nous a volé notre Guillaume Nicloux ! Comment expliquer ce désastre autrement que par le rapt du très bon réalisateur d'Une Affaire privée avant les premières prises de vue ? Ou bien faut-il penser que les romans (déjà bof-bofs...) de Jean-Christophe Grangé sont tout simplement inadaptables, au vu des ratages que sont L'Empire des loups (Chris Nahon), et, dans une moindre mesure, des Rivières pourpres (Mathieu Kassovitz) ? Quoi qu'il en soit, le constat est sans appel : Le Concile de pierre est un navet à tout point de vue.
L'histoire, d'abord : Laura Spirien (Monica Bellucci) mène une vie tranquille à Paris avec son fils Liu-San, enfant adopté en Sibérie. Quelques jours avant son septième anniversaire, une marque circulaire apparaît sur son coeur. Laura fait des cauchemars étranges toutes les nuits, tandis que d'obscurs individus semblent manifester un intérêt de plus en plus marqué pour le gamin. Qui est vraiment Liu-San ? Pourquoi tant de convoitises ? Quel terrible secret cache cette marque sur son coeur ? Qu'est-ce qu'on fait encore dans la salle ?
Horreur ! Cinq minutes seulement se sont écoulées, et on réalise avec effroi que le film a déjà passé en revue tous les poncifs du thriller ésotérique : une scène d'ouverture morbide, dans une région hostile, avec des bad guys encagoulés ; une marque mystérieuse, donc, qui grossit de jour en jour ; un entourage un peu trop sympa pour qu'on ne se dise pas qu'il y a forcément anguille sous roche...
Cours, Laura, cours !
Et dire qu'à ce stade, on n'a encore rien vu... A chaque nouvelle scène, et ce, malgré la simplicité paroxystique de l'intrigue, on éprouve la désagréable impression de voir un autre film, tant la cohérence esthétique fait défaut. (Eh oh ? Y'a quelqu'un à la table de montage ?) La psychologie des personnages a visiblement été traitée par-dessus la jambe : c'est même tellement mal foutu qu'on ne sait même plus, à la fin du film, qui est l'allié de Laura et qui ne l'est pas. Tout simplement scandaleux ! On a fait toute une montagne du soi-disant rôle à contre-emploi de Monica, mais rien à faire, le port du flingue ne lui va pas. Dans le registre de la femme qui se défonce pour sauver son gosse, n'est pas Jodie Foster qui veut !
Le pire demeurant les effets horrifiques, qu'on déclinera en deux catégorie : "plus-crispant-tu-meurs", magnifiquement matérialisée par l'apparition redondante de cet aigle au cri fâcheusement strident qui m'a pété les tympans. Et "plus-bidon-tu-crèves : pourquoi un ours numérique ridicule, alors qu'un vrai - ça tombe sous le sens ! - aurait été plus réaliste, donc plus effrayant ? Mais, à l'image d'un film qui transpire la fainéantise, l'équipe a peut-être pensé qu'on pouvait se passer des services d'un dresseur.
Au final, on a quoi ? Un film baragouiné, brouillon et bâclé, avec comme point d'orgue une dernière partie en Mongolie, à la limite du ridicule, au cours de laquelle on découvre (ô, surprise !) que TOUS les proches de Laura, sans exception, étaient effectivement dans le coup ! Fallait oser... Gageons qu'il ne s'agit que d'un incident de parcours pour le réalisateur, qui aura bientôt l'occasion de se rattraper avec La Clé, troisième volet de sa trilogie initiée par Une Affaire privée et Cette Femme-là. A la bonne heure : Nicloux est assurément plus à l'aise avec les projets persos qu'avec les films - miteux - de commande.
0/6
Salut Baptiste,
J'ai fait une rapide recherche sur Internet, et apparemment je ne t'ai pas raconté n'importe quoi (manquerait plus que ça, remarque !) : Le Concile de pierre n'est pas le dernier volet de la trilogie de Guillaume Nicloux. Il devrait tourner prochainement ce film, intitulé La Clé, avec Guillaume Canet.
Source : Allociné... (Oui, ce n'est pas ce qu'il y a de plus fiable, mais je n'ai pas eu le temps de chercher beaucoup plus loin pour l'instant !)
Bon week-end.