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Le blog du cinéma sans langue de bois...

Vendredi 10 novembre 2006

Indigeste

On aura rarement autant parlé d'un film sans VRAIMENT en parler. Indigènes, de Rachid Bouchareb, le film français de l'année ? Non. L'événement ciné de l'année. ENORME nuance. Indigènes, c'est quoi en vérité ? Un film tout juste passable, grâce à vingt dernières minutes vraiment bien pensées. Avant ça, c'est le trou noir : pas grand-chose à se mettre sous la dent, ou presque, artistiquement parlant.

On était pourtant en droit d'attendre BEAUCOUP de ce film. Le réalisateur français avait ainsi affirmé qu'il s'agissait, avant toute autre chose, d'un "film de guerre". Et là, on reste carrément sur sa faim. Tout commence par une baston en Afrique du Nord pas vraiment palpitante. Des esprits supérieurs vont dire que cette bataille montre bien que les combattants nord-africains, qui étaient en première ligne, c'était de la chair à canon, qu'ils servaient juste à ajuster les tirs d'artillerie alliés, et que ça, c'est vraiment dégueulasse. Faut-il qu'ils aient la mémoire courte ? Le "brave soldat ricain qui est venu se faire tuer loin de chez lui", comme dirait Renaud, qui a débarqué en Sicile et en Normandie, c'était pas de la chair à canon aussi ? Le monopole de la chair à canon, ça n'existe pas.

Plus tard - si on ne s'est pas déjà endormi -, ces mêmes soldats nord-africains se frittent contre l'armée allemande dans les Vosges. Et là, alors qu'on aurait apprécié une baston bien stylée au milieu des arbres, on a quoi ? Une blague, un foutage de gueule ! La voilà, la baston : un plan large, bien fixe, même pas mis en scène, comme si Rachid Bouchareb avait oublié sa caméra dans la tourbe. Une explosion, un type qui tombe, un écran de fumée qui masque le cadre (ça, c'est vraiment petit, mais alors petit !), trois petits tours et puis s'en va ! Quelle frustration ! Le pire, au fond, c'est qu'on n'a jamais l'impression que les personnages principaux risquent leur vie - un comble pour la Seconde Guerre mondiale - ; une carence qui empêche toute identification. Eh oui, comment pourrait-on s'attacher à des guerriers qui donnent l'impression de ne jamais être en danger, la faute à une mise en scène borgne et mollassonne ?

Déjà, c'est mort pour le côté "guerre" du "film de guerre". Quant aux humiliations et aux injustices subies par ces hommes qui luttaient pour la "Mère-patrie", ça aurait pu sauver le film, mais c'est un peu light. Un détail pertinent, toutefois : les services postaux qui zappent le courrier du personnage interprété par Roschdy Zem, adressé à la femme française qu'il aimait et qui l'aimait.

Jamel et Sami Bouajila, frères d'armes

Alors bien sûr, il y a l'interprétation convaincante de certains acteurs (mention spéciale à Sami Bouajila), mais c'était bien la moindre des choses, quand on sait à quel point le projet leur tenait à coeur. Car c'est sans doute ça le problème d'Indigènes : un film qui veut un peu trop montrer les injustices qu'il prétend dénoncer. Mais un film, avant de délivrer un message humaniste - combien de fois faudra-t-il le dire ? -, se doit avant tout d'être une réussite esthétique. Sinon, on tombe dans la démonstration, le didactisme le plus primaire, un abysse dans lequel ne sombre cependant pas totalement Indigènes. Mais le film, plombé par des longueurs interminables (voir la scène de l'âne), est bien loin du chef d'oeuvre annoncé.

Mais il y a pire. Car Indigènes n'est pas un mauvais film jusqu'au bout. Les vingt dernières minutes - une baston à quatre contre trente dans un village alsacien - nous offrent un passage d'une rare intensité, où ENFIN, on sent que les personnages sont vraiment en danger. On voit naître entre nos quatre (cinq en fait) comparses une fraternité qui n'existait pas avant. Les échanges de tir sont d'une violence digne des meilleures scènes d'Il faut sauver le soldat Ryan (Jamel avec un flingue, quel kif !), et ce n'est pas l'inutile caméo de Mélanie Laurent ou l'apparition de soldats allemands caricaturaux qui allaient noircir ce tragique, mais magnifique tableau. Le film se termine sur une scène vraiment poignante : le receuillement du seul survivant de la bataille, soixante ans plus tard, devant les tombes des ses défunts camarades. Alors pourquoi, POURQUOI Rachid Bouchareb n'a-t-il pas conféré la même intensité dramatique aux cinq autres sixièmes de son film (il dure 2h, faîtes le compte) ? C'est rageant.

Au final, on a quoi ? Cinq acteurs qui reçoivent cinq Césars du meilleur rôle (?) - Naceri, c'était vraiment indispensable ? -, une critique unanime quant à la nécessité historique de ce film (mais quid de la dimension esthétique du film ?), et un président qui a promis de relever les pensions des Africains ayant versé leur sang pour la France. On pourra toujours se consoler avec ça. Heureusement, sinon, on pouvait se mettre à la diette.

1/6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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Vendredi 10 novembre 2006

 Affaire non classée
Classée catégorie 1 (*)

On recherche un petit d’homme brun, 1m68, beau, intelligent, drôle, subtil, raffiné et surtout très modeste. On raconte qu’il déteste parler de lui.
L’expression qu’il détesterait : « Alors, ça va les chevilles ? »
L’expression qu’il adorerait : « L’Etat, c’est moi ! »
Lieux fréquentés : l'UGC Ciné-Cité Bercy (pour le cinéma), le 5e arrondissement (pour les potes), les boîtes de nuit, les apparts (pour les soirées), les lieux interdits au public (pour faire des films entre potes dans des décors inédits !).
Signe particulier : difficile à dire. Les rares personnes à l’avoir côtoyé de près ont mystérieusement disparu de la surface de la Terre. On le soupçonne en effet d’avoir joué un rôle important dans la vague d’enlèvements extraterrestres qui a eu lieu dans les années 50 aux Etats-Unis. Toutefois, une enquête approfondie a permis de déterminer la date précise de sa naissance : le 5 mai 1983, à Paris.
Autre signe particulier : il ne faut pas croire tout ce qu’il raconte.
Le dossier révèle cependant quelques détails sur lui.
On dit que c’est ça, Baptiste : un mec qui aime raconter des histoires (des vraies !). C’est pour ça qu’il veut être journaliste (des histoires, les journalistes en racontent presque tous les jours, eh !). Raconter sa vie, mais à travers celle des autres. Parce qu’on est à la fois tous les mêmes et tous différents (oh la la ! le naïf, eh !).
Oui, c’est vrai, Baptiste, c’est un peu un naïf. À 250 % même. Un mec qui rêve tout le temps (« lunaire », c’est ce qu’il y avait toujours marqué sur ses bulletins de notes à l’école primaire, lit-on dans les archives). Un Rêveur fini. Mais le rêve, y'a que ça qui le fait avancer.
Il fait plein de courts-métrages avec ses copains. Parce qu’il a besoin de s’évader de ce monde, pour être quelqu’un d’autre pendant quelques instants. Quelque part, ça lui permet de mieux savourer le monde réel (attention : il déteste la trilogie Matrix).
Autre signe particulier, celui-ci bien avéré à ce qu’on dit : il adore la vie. Parler des filles avec les mecs. Parler des mecs avec les filles. Il a grave kiffé toutes ses études (et ça continue). Son existence est blindée de super souvenirs.
Un jour, un type s’étant échappé d’un ovni a retenu une phrase de Baptiste, qui lançait à un commandant de flotte extraterrestre : « Tu vois Protzoglub, la seule chose qui soit plus belle qu’un coucher de soleil ou qu’une partie de Mario Kart avec des potes, c’est le sourire d’une femme. »
L’anecdote est bidon. La citation, elle, vient du cœur.

(*) De la plus haute importance

Par Baptiste - Publié dans : La vie du geblo
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