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Le blog du cinéma sans langue de bois...

Mercredi 24 octobre 2007

Bonne nuit les petits

Pas une bombe, ni un navet. Pas un bon film, ni un mauvais film. Même pas bof-bof. Inutile d'essayer de juger The Invasion en se basant  sur des critères classiques et manichéens.

Comment dire ? On reste de marbre devant cette histoire - mainte fois contée au cinéma - d'extra-terrestres infiltrant sournoisement l'espèce humaine. Dans cet environnement hostile, on n'éprouve aucun plaisir particulier à voir évoluer cette créature de rêve qu'est Nicole Kidman ; sur qui repose tous les espoirs. Daniel Craig est insipide. Les scènes d'action sont rares. Les frissons inexistants. Le montage, répétitif, exploite inlassablement les mêmes ficelles pendant une heure trente. Le film se termine, et là on se dit : "Ah, ça y est, c'est déjà fini ?"

Et pourtant, impossible de dire : "Mais c'est naze ce film !" Pourquoi ? C'est un sentiment quasi inexplicable. A moins que... Ce rythme un peu lancinant... cette impression d'avoir vu des images défiler sans que l'on retienne quoi que ce soit... ces visages inexpressifs...

Nicole Kidman passe une nuit blanche. Nous, on s'endort...

Vous y êtes ? The Invasion a en lui quelque chose de Balko, du Clown ou de Derrick, séries dotées de ce savant soporifisme dont nos voisins teutons ont le secret. Impossible de les rater, notre beau service public en est abondamment approvisionné. (Souvent, on zappe, mais comme les programmes de TF1 et M6 ne sont pas invariablement plus intelligents, on revient automatiquement dessus.)

C'est assez étrange : le réalisateur allemand Oliver Hirschbiegel nous avait habitué à un cinéma plus habité, plus pêchu, plus émotionnel (hollywoodien ?) avec L'Expérience et La Chute. Des productions outre-Rhin paradoxalement moins "allemandes" que le très efficace somnifère qu'est The Invasion.

Rematez plutôt le Body Snatchers (1993) du génial Abel Ferrara (The Invasion est le remake de Body Snatchers qui était le remake de...). Tss, tss... Franchement, remaker 13 ans plus tard, est-ce bien sérieux ? Tout cela en dit long sur l'inventivité des scénaristes hollywoodiens actuels. Pauvre cinéma !

PS : (Attention spoiler) Avez-vous noté la subtilité (ha ha !) de cette myse en abyme ? Dans le film, les humains contaminés ne doivent pas s'endormir, faute de quoi ils se transforment en extra-terrestres. Ainsi, pendant quatre-vingt-dix minutes Nicole Kidman se bat pour ne pas piquer de l'oeil... à l'instar du spectateur luttant tant bien que mal contre un chloroforme qui ne dit pas son nom.

Euh.../6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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Mercredi 3 octobre 2007

Un verre à moitié vide

Donner un petit frère à 28 jours plus tard : le défi était de taille. Souvenez-vous de ce film brillant, violent, sans concession qui réinventa totalement le concept de survie dans une Grande-Bretagne ravagée par une rage transformant les Brits en créatures féroces. Au four et au moulin, le génial et incompris Danny Boyle (accompagné de son scénariste fétiche Alex Garland). Vous savez, Danny Boyle, réalisateur dont la simple évocation au cours d'une discussion entre potes engendre toujours cette réaction en chaîne : "Trainspotting ? waw, trop cool ce film, surtout quand le bébé y marche au plafond, La Plage ? oh, la, la, trop nul ce film, c'est vraiment un truc pour djeuns débile !" Pathétique. Enfin bref.

Disons d'emblée que Juan Carlos Fresnadillo, réal du très trippant Intacto n'a pas su gérer jusqu'au bout un film qui a pourtant le mérite de super bien commencer. L'insoutenable chapitre d'ouverture, idéalement filmé - caméra à l'épaule au plus près d'un groupe de survivants -, pose cash une question cruciale, existentielle : jusqu'où est-on prêt à aller pour sauver la vie des gens qu'on aime, sans mettre en danger la sienne ? La scène est troublante, car l'identification avec Don, le héros - un lâche -, est automatique. Avec effroi, on se dit qu'on aurait peut-être agi pareil, qu'on aurait fui...

28 semaines plus tard, le virus est maîtrisé. Londres se repeuple peu à peu. Don (campé par un Robert Carlyle nickel) a survécu. Le poids de la culpabilité le ronge, le mensonge transpire dans chacune de ses expressions... On était venu pour voir des zombies et de la survie, et on se surprend à vouloir que ce drame intimiste supplante la trame principale. Bouleversante est la séquence qui place Don face à sa propre culpabilité. So far, so good...

Don (Robert Carlyle) fuit pour sauver sa vie et pas celle des autres

Paradoxalement - à moins que ceci n'explique cela - c'est au moment où le virus réapparaît - on ne dira pas comment - que le film perd tout son intérêt : en trente secondes l'émotion tombe à plat, et les enjeux qui donnaient corps à l'histoire disparaissent. What the fuck ?

Le scénario frise alors la disparition pure et simple et utilise la grosse ficelle du "code rouge" : les-méchants-militaires-perdant-le-contrôle-de-la-situation-dézinguent-tout-le-monde-y-compris-les-non-contaminés. Waw, quelle originalité ! Dire que certains critiques bien-pensants en arrivent à écrire que la partie militaire est magistralement gérée par Fresnadillo, y voyant même une métaphore de la guerre en Irak ! Mais qu'ils cessent de voir des métaphores partout !!!

Scénaristiquement parlant, le "code rouge" ne tient pas la route : l'armée n'est sans doute pas une entité brillant par sa subtilité, mais aucun état-major ne prendrait la stupide décision de buter tout le monde sans réfléchir. C'est juste primaire, à peine digne d'un téléfilm du dimanche aprèm. Dans 28 jours, les militaires n'étaient pas jugés par Boyle : la survie avait juste pris le dessus sur leur part d'humanité. En deux mots, ils étaient devenus des bêtes sauvages, un peu comme les contaminés : c'est ce qu'on appelle une correspondance scénaristique, et ça démontrait toute l'intelligence du scénario.

Le gentil sergent, un raccourci archi déjà vu...

Clairement, 28 semaines est scindé en deux parties bien distinctes (drame intimiste/répression militaire) à l'instar de son prestigieux aîné 28 jours. Mais contrairement à Fresnadillo, Boyle a parfaitement su faire le pont entre les deux.

Dans sa seconde partie, donc, Fresnadillo pête son câble : intrusion de scènes gore totalement hors-sujet, intervention du gentil sergent  (on notera que c'est toujours un sergent) - certes campé par un très attachant Jeremy Renner. Et, félonie suprême, la soporifique scène du métro - même pas digne d'un mauvais Fort-Boyard - qui affecte de façon irréversible le rythme du film. Le climax est expédié vite fait mal fait - l'émotion a disparu des bobines depuis déjà trop longtemps. Le métrage ose même un twist final ridicule, filmé à l'arrache, qui pourrait bien flinguer la franchise... Rien à voir avec la fin de son prédécesseur, un trésor d'ambiguïté dans son genre.

28 semaines demeurera un grand moment de frustration. Zapper le concept de survie et le remplacer par la culpabilité permettait, subtilement, de ne pas faire doublon avec le premier volet. Il aurait sans doute fallu tenir le filon jusqu'au bout. Mais Fresnadillo a abandonné son bébé au milieu du parcours. Comme un lâche.

3/6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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Mardi 26 juin 2007

Un voyage initiatique qui sonne juste

Ne ratez pas l'occasion de voir l'un des meilleurs Kusturica sur grand écran ! Le Temps des gitans (1988) est rediffusé actuellement au Champo (dans le 5e arrondissement de Paris). Un vaste fourre-tout baroque, inclassable et clairement immoral, comme souvent chez le réalisateur d'Underground. C'est l'histoire d'un orphelin slovène et tzigane, Perhan (Davor Dujmovic, trop stylé), élevé par une grand-mère guérisseuse, Baba. Il voudrait épouser la belle Azra, mais sa harpie de mère le rejette comme un mauvais parti. Grâce au nabab du coin, il aura l'opportunité de devenir quelqu'un, et, par la même occasion, de sauver sa soeur infirme. Mais son innocence résistera-t-elle à l'usure du grand banditisme ?

Azra et Perhan, la fin de l'innocence

Poétique (l'incroyable scène des radeaux sur le fleuve !), mélancolique (la prostitution et la misère qu'elle entraîne), hors-catégorie et déroutant (des éléments fantastiques savamment distillés) : les adjectifs sont nombreux pour définir Le Temps des gitans. Cela étant dû à la capacité - rare - de Kusturica de faire des films incroyablement riches mais - encore plus rare - très cohérents. Ici, la drôlerie et le drame s'embrassent sans couac. Et, sur le fond, des thèmes comme la pauvreté, le racisme et la prostitution sont abordés avec simplicité et sans aucune lourdeur. Comme tout film réussi, on reconnaît la signature de l'auteur, mais on ne voit pas le trait. Le réalisateur s'efface et l'émotion passe. Indiscutablement le meilleur film jamais fait sur les gitans. Quand bien même on n'en aurait vu aucun autre.

5/6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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Mardi 24 avril 2007

C'est de bonne guerre

Il y a des films qu'on mate juste pour le plaisir des sens, en se foutant royalement du texte/contexte/sous-texte. En territoire ennemi fait partie de cette catégorie. Un film de guerre où la réfléxion point rarement, où les clichés surgissent régulièrement, certes, mais où les scènes stylées abondent massivement.

The plot : Burnett et Stackhouse, deux pilotes de la Navy, sont envoyés dans une zone démilitarisée de l'ex-Yougoslavie. Simple mission de routine, en fait, qui consiste à photographier le sol. Par hasard, les officiers survolent un charnier humain. Des militaires serbes, craignant que l'existence des charniers soit révélée, abattent leur avion en plein vol. Au sol, les représailles continuent. Et c'est une longue et périlleuse chasse à l'homme qui commence pour Chris Burnett (Owen Wilson) dans la cambrousse yougoslave... Premier constat : à l'évidence, l'intrigue ne tient pas debout. Qui oserait en effet attaquer un Superhornet ricain au risque de déclencher une crise internationale majeure ? Et qui oserait violer la souveraineté d'une nation étrangère juste pour récupérer un pauv' soldat égaré ? (Quoique...)

Mais tout ça, au fond, on s'en fout. La seule question philosophique qui mérite d'être posée, c'est : "Est-ce qu'on va voir de la bonne baston ?" Et la réponse est "oui, plutôt". Oubliez Top Gun (ha, ha !) et toutes les scènes d'avions de chasse pourries précédemment filmées pour le cinéma. D'habitude, c'est ridicule, objectivement soporifique et réservé aux seuls fans d'aviation. Ici, pourtant, l'attaque du Superhornet décoiffe littéralement. Nerveuse, ingénieusement rythmée, elle donne le ton du film, blindé à la testostérone.

Owen Wilson en mode bien vénère

Dans le rôle de la proie, le choix d'Owen Wilson - le pote de Ben Stiller ! - pouvait surprendre, mais il ajoute incontestablement une plus-value au film du clippeur John Moore (qu'on ne soupçonnera jamais d'être le fils caché de Kubrick et Spielberg). Son personnage dégage paradoxalement une évidente impuissance (il n'a jamais vécu de combats réels) et une force latente (matérialisée par une farcouche volonté de survie) qui provoquent presque naturellement l'empathie.

Par moments, la réfléxion point en filigrane au détour de situations tendues, comme lors de la scène des charniers. Parfois, en revanche, c'est carrément idiot : le seul "bon" Serbe est bien sûr élevé à la culture US, parle bien anglais, drinks Coca Cola, et connaît par coeur Ice Cube (!). Par conséquent, il est forcément du bon côté, courageux et intelligent...

Heureusement, les scènes de fight reprennent vite le dessus. Au programme, il y a la séquence des mines sauteuses, vraiment assurée sur tous les plans ; celle du tir d'obus de char, filmée de façon inédite ; une confrontation sèche et sans concession face à un bad guy bien teigneux. Au final, on fait face à un film de sous-genre qui ne plane pas bien haut, mais on prend quand même son pied. Parce que Behind enemy lines ose, avec beaucoup de sincérité, être un pur film d'action au premier degré.

2/6

Par Baptiste - Publié dans : Des films trop stylés (ou pas)
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Vendredi 16 mars 2007

L'album CD : une espèce en voie de dispararition

C'est d'abord l'expression d'un regret. Aujourd'hui, on télécharge en masse les musiques qu'on adore. On aura beau dire ce qu'on voudra, retourner le problème dans tous les sens ou chercher des vieilles excuses, le fait est là : la généralisation du downloading tue à petit feu l'industrie musicale (il faut comprendre les majors ET les artistes). Mais pas seulement. Avec le téléchargement, on est en train d'assister à la mort lente d'un support qui, de façon extraordinaire, réalise la synthèse de compositions a priori hétérogènes : l'album. Parce qu'une chanson, arrachée de ce sein maternel, de cette structure cohérente qu'est l'album, perd une partie de sa quintessence.

Mais attention, l'album ne doit pas penser, dans sa lente agonie, que le downloading est à l'origine de tous ses maux ! Comment reprocher à Untel de télécharger un morceau d'un album, si, l'ayant écouté en totalité chez un disquaire, il juge que les autres chansons sont nazes ? Car artistes et majors ont trop souvent recours à la formule : album = un tube + dix chansons pourries (pour un disque comprenant onze titres, donc).

C'est beaucoup trop facile, et c'est d'autant moins excusable que de nombreux artistes se tuent à la tâche pour nous offrir des albums parfaits du début à la fin, ou presque. En voici une liste, non exhaustive. Est-il nécessaire de préciser qu'elle est êxtremement subjective (le mot le plus vide de sens de la langue française, tant il confine au pléonasme paroxystique) ? Une chose est sûre : les types qui ont créé ces albums ne se foutent pas de la gueule du monde. Objectivement.

Daft Punk / Discovery

Quand on l'écoute, c'est un peu comme dans un rêve. On repense à des soirées d'été. Chez des amis, en boîte de nuit, autour d'un feu sur une plage. Peu importe. L'émotion pointe, peu à peu, le bout de son nez. On frissonne. On a la larme à l'oeil. On est transporté, par les saccades de Harder Better Faster Stronger, par le tournoiement de Crescendolls ; on est ému, par la profondeur de Digital Love, par la nostalgie de Something About Us. Discovery : Un chef d'oeuvre d'une densité et d'une limpidité rarement atteintes, qui confine à coup sûr à l'Universel - à quand une statue ? C'est tellement fluide qu'on a l'impression d'entendre une seule chanson. Sans faute de goût, ni fausse note. L'archétype de l'album parfait. (Voir à ce propos le sublime Interstella 5555, l'animé qui marie parfaitement la musique de Daft Punk à l'esthétique de Leiji Matsumoto, le créateur d'Albator.)

VAST / Visual Audio Sensory Theatre

Un jour, vous avez peut-être vu au cinéma la bande-annonce française de La Plage. Une musique assez singulière accompagnait les images du film - excellent au demeurant. Vous l'avez peut-être entendue sur une radio rock, aussi. Elle s'intitulait Touched, et c'était le morceau tubesque du premier album de Vast, un groupe - ou plutôt un homme, un Californien répondant au doux nom de Jon Crosby, sachant manier tous les instruments - qui sort vraiment, mais alors vraiment de l'ordinaire. Mêlant les influences les plus diverses - Joy Division, The Cure, sonorités orientales, chants grégoriens (!) - Vast prend aux tripes grâce à un mélange accrobatique de rock alternatif, musique industrielle, new-age, classique transcendés par la voix profonde (Flames) et envoûtante (You) de Jon Crosby. Onze chansons parfaites en tout point, d'une densité qui invite à les réécouter en boucle pour les redécouvrir inlassablement sous un jour nouveau. Les mots ne suffiront jamais à transmettre l'impact émotionnel de cette expérience quasi mystique. Un must-have.

PS : Music For People (plus axé new-age) et Nude (influences orientales et asiatiques plus présentes) ont suivi de près ce magnifique album. On croit écouter les deuxième et troisième chapitres (magiques eux aussi) d'une même histoire, comme si le tout formait une seule et même chanson. Un chef d'oeuvre de cohérence.

New Order / Get Ready

New Order, pour faire simple, c'est ce qu'est devenu Joy Division après le suicide du chanteur Ian Curtis en 1980. C'était déjà pas mal, mais en changeant de nom, le groupe mancunien a comme qui dirait customisé toutes ses qualités. C'est simple, cet album - Get Ready, donc - est un ovni. Et il porte bien son nom. Parce qu'une fois parti, ça ne s'arrête plus, c'est orgasmique, ça vous fait bondir avec joie dans la salle de bain dès potron-minet. A l'image de morceaux aux titres binaires vraiment percutants (Vicious Streak, Close Range, Run Wild), Get Ready s'impose comme une oeuvre d'une précision chirurgicale à la rythmique irréprochable, et démontre toute son audace via le survitaminé Someone like you et tout son peps avec le pétaradant Primitive Notion. Une virilité nuancée par le planant Slow Jam, où la voix nasillarde de Billy Corgan (l'ex chanteur des Smashing Pumpkins) fait écho à celle, précise et vaporeuse, de Bernard Sumner. Bref, des morceaux pop-rock géniaux, qui nécessitent bien sûr une trentaine d'écoutes pour en saisir la subtile ponctuation. Puissance, profondeur et pureté : c'est évident, New Order demeure la plus fascinante mécanique pop que le rock ait enfantée depuis les Beatles, Oasis et Radiohead, la sophistication technologique et la spontanéité rock en plus.

 Rage Against The Machine

Aujourd'hui encore, Rage Against The Machine demeure la plus grande claque assénée à la planète rock en mariant intelligemment rap et hardrock. Créateur d'un véritable hymne à la rébellion dénoncant les crimes du gouvernement américain (Know Your Enemy, Killing In The Name), on aurait tort de réduire RATM à un groupe surfant artificiellement sur la vague djeuns contestataire (style Manu Chao) pour asseoir sa notoriété, à défaut de produire de la vraie musique. Car la réussite des Rage est avant tout due à un quatuor audacieux et stylé qui sort des sentiers battus : Zach de la Rocha, chanteur décomplexé, survolté, révolté. Talentueux au point de nous faire frissonner (Settle For Nothing), même quand il beugle des insanités (Bombtrack) ; Tom Morello, le guitariste le plus révolutionnaire depuis Hendrix, qui, à l'écoute, a vraiment l'air de prendre son pied (Fistful Of Steel) ; Tim C., le bassiste le plus groovy et le plus reconnaissable de la planète (Township Rebellion) et Brad Wilk, l'infatigable batteur (Bullet In The Head) qui n'a rien à envier à Lars Ulrich (Metallica). Rien à jeter dans cet album. Chaque piste, en plus d'être géniale, a sa part de singularité. De la colère, de l'excitation, de l'émotion. A chaque morceau, c'est un sentiment nouveau qui s'empare de nous. Le produit fini, à l'image du flow de l'éternel Zach de la Rocha, est unique.

Pink Floyd / The Dark Side Of The Moon

Trente millions d'exemplaires vendus. Soit le quatrième plus grand succès musical de tous les temps. Ce n'est assurément pas usurpé. The Dark Side Of The Moon, c'est un enchaînement de titres qui nous plongent littéralement dans une léthargie bienfaisante. The Great Gig In The Sky : une improvisation de Clare Torry sur un morceau préenregistré à qui le groupe avait donné pour seule indication : "Pense à la mort, à l'horreur et chante". Elle a présenté ses excuses en partant parce qu'elle pensait avoir mal chanté. Elle venait de donner naissance, en toute simplicité, au morceau le plus fou, le plus juste et le plus touchant du groupe. Fou, juste et touchant... Des adjectifs qui, au fond, peuvent se rapporter à toutes les pistes de l'album (Breathe, Us and them...). Sinon, il y a aussi Any colour you like, un psychotrope planant qui étire notre esprit à la façon d'un travelling compensé de caméra. Bref, une expérience inoubliable qui résonne dans l'encéphale jusqu'au bout de la vie. Tout simplement.

Voilà pour un top cinq mûrement pensé...

Sinon, dans un top dix pourraient sûrement figurer :

Michael Jackson / Thriller

Un album absolument monstreux, parfait en tous points (au fait, pourquoi n'est-il pas dans le top cinq...). "The King of Pop", c'est bien trop peu. Michael, c'est sans doute le plus grand artiste que la Terre ait jamais portée.

The Smashing Pumpkins / Mellon Collie and The Infinite Sadness

La voix nasillarde de Billy Corgan demeurera à tout jamais inoubliable... Cela valait bien (oh que oui !) un double album.

Frou Frou / Let Go

Du Dido (c'est déjà vachement bien) en mille fois mieux ! Plus stimulant et optimiste, tu meurs.

Sigur Ros / Agaetis Byrjun

Des chants venus de nulle part et qui touchent vraiment très, très, très profond...

Metallica / Master of Puppets

Du metal (ha ha) à l'état pur (hu hu) pour des morceaux d'une bravoure inégalable.

Nirvana / Unplugged in New York

On ne sait pas si on a déjà été aussi ému par un live... Kurt, tu es parti trop vite.

The Goo Goo Dolls / Dizzy up the girl

Un diamant brut. Du rock porté par une Fender cristalline et une voix (John Reznik) incroyablement poétique et lyrique qui donnent des frissons.

Euh... ça fait plus de dix, là...

Par Baptiste - Publié dans : Un peu de zique...
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